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Il n'y a pas longtemps, ma vie chrétienne était comme j'avais les bandelettes d'un momie autour de moi - rescussitée de la mort (comme Lazare) mais pas en libérée. Je ne pouvais rien faire pour m'en débarrasser.

Mais Dieu est en train de le faire.

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dimanche 12 mai 2013

Voir les choses comme elles sont

Dans mon dernier article, j'explorais mes options pour une carrière «après» mon présent emploi. 

Bref, il a fallu que je fasse face à la réalité. Pour devenir interprète pour les sourds, il faudrait déménager hors de la province pour y demeurer pendant plus de trois ans, chose difficile et presqu'impossible à faire étant donné les racines que j'ai poussées ici ... et le coût, bien sur!!

En même temps, j'ai fait un peu de recherche concernant l'autre option (devenir conseillère) et à ma grande surprise, j'ai trouvé un université canadien qui offre un programme de maîtrise en psychologie ... complètement à distance ... et je pense fort depuis lors concernant les possibilités pour compléter une maîtrise (ou au moins la portion formative) pendant que je continue à travailler. Le programme-même prend six trimestres, dont les derniers deux s'agissent d'un practicum fait sur place avec un conseiller ou une conseillère locale. 

Cette option m'a forcé de penser aux raisons de ma réticence de poursuivre ma maîtrise en premier lieu, et de réexaminer celles-ci dans la lumière de la réalité. 

En ceci le noyeau : j'avais peur.

Voilà, je l'ai dit.

J'avais peur que je ne me débrouille pas assez bien en tant que conseillère pour obtenir ou pour retenir des clients.  J'avais peur qu'un jour, un(e) client(e) me blame pour lui donner de mauvais conseils. J'avais peur que je ne puisse pas maintenir une distance professionnelle de mes patient(e)s. 

Je craignais même que j'échoue au programme. 

Les voix internes - celles qui me disent en tout temps que je ne vaux rien, que je ne peux rien faire de bon - criaient après moi. 

"Parachute Team Jump" - photo de Sujin Jetkasettakorn au site web
www.freedigitalphotos.net
Une fois reconnues, je leur ai dit de se taire, j'ai tourné mon attention aux pours et contres de cette option, et j'ai recherché les critères d'admission et les frais scolaires de ce programme, ainsi que le temps qu'il prendrait (non seulement en total mais aussi en termes de combien d'heures par semaine il exigerait de moi). 

Et j'ai écouté mon cœur. 

En réalité, je sais que devenir conseillère peut avoir des conséquences imprévues et peut-être déplaisantes ... comme les situations de blame ou de ménace. Mais ... si je n'essaie rien, je n'accomplirai rien - et les choses positives pourront contrebalancer les choses négatives. Le bien que je pourrai faire compense pour le mal qui pourra m'arriver (ou qui ne m'arrivera jamais, on ne sait pas!) Si je ne fais aucune tentative, je ne saura jamais si je le pourrai. 

Au moins j'aurai quelque chose sur laquelle je pourrai éventuellement dépender, étant donné l'avenir incertain.

Point final - au fond de mon cœur, je sais que je me débrouillerais probablement bien comme conseillère. J'ai assez vu que je sais quels types de thérapie fonctionnent plus que d'autres, et lesquels ne marchent pas du tout. Mon but est d'aider les gens et de ne pas créer une dépendance sur moi mais par contre de faciliter l'indépendance et le plein fonctionnement de la personne. 

Le fait reste que je suis une personne qui vit de son cœur. Cela fait que je suis émouvée par les difficultés des autres personnes. Est-ce que je veux me débarrasser de cette qualité?? Pas du tout. Et alors cela vaut la peine et l'angoisse que moi je me sentirai, si jamais je pourrai vraiment aider les personnes qui me viendront pour de l'aide. 

Je me souviens du sentiment que j'avais au moment où je savais que je pouvais parler à mon conseiller sans qu'il me juge, dans un atmosphère d'acceuil, qu'il était là pour m'aider. C'est ce sentiment qui m'a motivé de travailler fort pour être libérée ... et je veux que les autres se sentent pareil. Dans un certain sens, je suis prète à passer le flambeau. 

Ceci ne veut pas dire que je pense que je changerai le monde. J'ai appris voir les choses comme elles sont; je ne suis pas un sauveur (il n'y en a qu'Un). Mais au moins je pourrais peut-être avoir une influence sur mon petit coin.

Donc, pour le moment je planifie commencer mon programme l'année prochaine (pour me donner du temps pour sauve-garder de l'argent; c'est dispendieux!!) pour obtenir ma maitrise en printemps 2016. 

C'est une grande étape, et j'ai toujours peur ... mais je prend un jour à la fois. Comme toujours.

samedi 2 février 2013

Recommencer à rêver

L'une des choses auxquelles je devais faire face lorsque j'ai commencé à guérir des blessures internes multiples il y a 4 ans, c'était l'idée que j'avais perdu un sens de soi. Mon thérapeute m'a demandé si je rêvais à faire quelque chose, si j'avais des aspirations.  Moi je ne pouvais point penser à rien. 

J'avais perdu la capacité de rêver.

Je devais reculer de cette question à une question même plus essentielle - pour voir s'il y avait quelque chose que j'aimais toujours faire. J'avais passé autant de temps en vivant pour les autres que j'ai oublié la personne dans le miroir. 

Aujourd'hui, quatre ans plus tard, j'ai guéri beaucoup; je sais qui je suis. Je sais ce que j'aime faire, ce que je veux faire ... et depuis quelque temps je recommence à rêver. Je ne veux pas dire que j'ai des rêves lorsque je dors - tout le monde en a, soit-elles de bonnes rêves ou de cauchemars - mais que je recommence à avoir des aspirations. J'ai redécouvert quelques de mes anciennes ambitions. 

À cette époque dans ma vie (okay, j'ai plus de 50 ans!) je me trouve face à un petit dilemme car ce que je planifiais pour ma carrière n'est plus inscrit en pierre.  Je ne sais pas ce que je ferai après dix ou douze ans, même après cinq ans! L'avenir n'est pas si concret qu'auparavant dans ce climat d'incertitude et de contrainte fiscale. 

Si je me laissais le faire, je deviendrais très inquiétée concernant les changements qui m'arrivent des derniers jours, et du doute et de la peur qui me hantent par résultat. Pourtant quelques options me sont disponibles pour améliorer mon état, options auxquelles je n'aurais jamais pensé si je n'avais pas entamé le cheminement de rétablissement que je vis depuis 4 ans.  

Quoi décider?
Image courtoisie de / Image courtesy of
Stuart Miles at / à
www.freedigitalphotos.net
En ce moment, je recherche les pours et les contres de chaque option: la prix, le temps qu'elle prendrait, les répercussions sur ma vie en famille. L'essentiel pour moi est cette question: est-ce que je peux imaginer faire quoi que ce soit pour le reste de ma vie de travail? Je ne veux absolument pas juste me contenter d'une carrière dans laquelle je me sentirai mal à l'aise, même si je serais "bonne en tant que _____" 

Pour un bon bout de temps, j'ai considéré entreprendre la vie d'une thérapeute (psychologue). Je n'ai aucun doute que je pourrais m'en débrouiller. Cependant - est-ce que je peux m'imaginer comme ça?? Obéir au doigt et à l'œil de mes clients troublés du jour au jour? Me placer peut-être en danger? (Je connais un travailleur social qui se couche ayant un pistolet sous son oreiller...) Heummm, je ne pense pas pouvoir supporter un tel style de vie.

Chaque fois que je me laisse penser à une carrière autre que celle que j'aie en ce moment, j'arrive tôt ou tard au même choix : être interprète de la langue des signes américaine. J'adore cette langue, et j'ai une passion profonde pour le peuple sourd depuis ma jeunesse, mais je n'ai jamais rien fait à propos de ceci. Quand nos deux filles étaient jeunes et qu'elles allaient à l'école, je pensais ne pas avoir de choix que de rester ici, être mère de tout près. Maintenant qu'elles sont âgées de 23 et de 20 ans, je me demande si je devrais considérer de nouveau cette option lâchée, ou peut-être attendre que je prenne ma retraite (soit-elle en 2022 tel que planifiée... ou avant, je ne sais pas!) 

Pour le moment, j'explore les possibilités, et si je décide de poursuivre cette voie, ça me prendra probablement 2 ans pour développer un plan professionnel d'affaires et pour rechercher des sources possibles de financement. Et ensuite je devrai suivre des études spécialisées pendant trois ans - hors de province - pour pouvoir y revenir et entamer mon business. 

C'est un long processus - je le sais. C'est ça la raison pour laquelle je fais beaucoup de recherche présentement pour savoir si, quand et comment prendre cette prochaine étape. 

Si ça fonctionne ou pas, au moins je fais quelque chose que je ne faisais pas auparavant ... je recommence à rêver.

dimanche 20 janvier 2013

Un pot d'argile fissuré

Une vieille histoire me revient aujourd'hui pour m'encourager. J'espère que cela vous encourage aussi.

Je me souviens de l'histoire d'une esclave qui allait au puits chaque jour pour remplir un pot d'argile et le rapporter à son maître. 

Chaque jour, elle prenait un sentier dans les bois pour arriver au puits et elle retournais par le même sentier.

Mais après les premiers jours, elle s'est remarquée que le pot d'argile large n'était pas si plein à son retour qu'au moment du remplissage du pot. C'est à ce moment-là qu'elle a noté une fissure dans le pot. 

Elle a demandé au maître de lui en donner un autre pour le remplacer.  Il a refusé. 

Jour après jour, elle allait et revenait avec son vieux pot. À chaque fois le pot perdait de l'eau précieuse. Elle devenait de plus en plus frustrée. Son maître, par contre, ne se plaignait pas de ce manque d'eau. Il la remerciat au quotidien de son service et il l'a traité généreusement.

Pourtant elle voulait faire son mieux pour lui. Elle croyait que son maître penserait qu'elle ne pouvait pas soulever un pot si large que celui-ci et le mettre sur son épaule s'il était complètement rempli. Elle ne voulait pas être vue comme étant paresseuse ou faible non plus. 

Finalement elle est allée en parler à son maître - en larmes elle voulait qu'il comprenne que ce n'était pas elle, mais le pot qui était défectueux. Encore une fois, elle en a demandé un nouveau. 

«Non,» il lui a dit. «Mais demain, veuilles me chercher avant que tu partes pour le puits. Je veux aller avec toi; j'ai envie d'une petite marche dans les bois.»

Le lendemain, elle est allée avec son maître au puits avec son pot d'argile fissuré. Il n'a rien dit pendant la marche, mais semblait simplement apprécier la beauté du sentier. 

Une fois au puits, elle a rempli son pot jusqu'au bord, comme d'habitude. Elle l'a mis sur son épaule. Et ensemble, ils ont commencé à faire le trajet de retour. Immédiatement l'eau a commencé à tomber, goutte à goutte, du pot, et bientôt il y avait un petit ruisseau d'eau qui coulait du côté du pot pour terminer à côté du sentier. Le niveau d'eau dans le pot baissait. 

«Maître, tu vois comment s'échappe l'eau de ce pot craqué!» 

«Oui, je le vois,» il lui a dit. «Arrêtons-nous une minute. Je veux te montrer quelque chose.»

Elle s'est arrêtée.  

Il a pointu son doigt au sentier et lui a dit, «Tu vois ce sentier? Il y a quelques semaines, j'ai fait planter des fleurs à côté de celui-ci. Il n'y en avait pas auparavant. Et chaque jour, lorsque tu faisais le trajet entre le puits et la maison avec ton pot fissuré, l'eau qui coulait de ce pot arrosait les graines ... et voilà le résultat!» 

Pour la première fois, elle s'est rendue compte qu'un côté du sentier n'avait aucune fleure, tandis que l'autre côté était enfleuri de toute couleur vive. Elle a pu sentir le parfum de ces fleurs - parfum qui était caché d'elle par ses insoucis, et pendant qu'elle se permettait alors de jouir de la beauté autour d'elle, beauté de laquelle elle n'était pas auparavant consciente parce qu'elle s'inquiétais autant de sa performance et de ce que le maître penserait d'elle, son maître a recommencé à lui parler.

«Tu vois, mon refus de te donner un nouveau pot ne s'agissait pas d'un manque de gentillesse envers toi, mais d'une expression de confiance en toi.... 

«Je savais que tu irais au puits chaque jour sans en manquer un, pour m'en rapporter de l'eau. Et je t'ai donc donné ce pot craqué pour que les fleurs que j'ai plantées soient arrosées et qu'elles fleurissent. C'est en ce faisant que je voulais TE donner le don de la beauté à laquelle tu participais. Comprends-tu?» 

Finalement, elle a compris. Des larmes débordaient de ses yeux. «Oui, mon maître, je sais que tu es si gentil de m'impliquer dans ton plan.»

Comprenons-nous? Nous sommes toutes et tous des pots d'argile fissurés. L'eau de la Vie qui coule de nous nourrit les graines d'espoir et de beauté que Dieu a déjà fait planter par les autres qui nous ont précédé.  Nous ne savons jamais le bon que nous faisons. L'important est d'être fidèle, d'aller quotidiennement au puits de la Vie et de remplir nos pots pour les rapporter au grand Maître... peu importe les imperfections que nous voyons. Il a choisi ton pot ... et le mien ... chacun est craqué dans un endroit différent ... et Il a choisi le chemin de chacun de nous. 

Rappelons-nous qu'Il sait ce qu'Il fait, et qu'Il nous aime tellement. 

mardi 23 octobre 2012

On recommence ...

Aujourd'hui j'ai eu une bonne conversation avec ma "nouvelle" patronne (et en français!); on a fait une réorganisation de notre unité et soudainement je me suis rendue compte que la personne à laquelle je rapporte est mon ancienne patronne que j'ai eue pendant un couple de mois au début du poste que j'occupe depuis mars 2008, et avec qui j'ai travaillé quand j'étais mentor il y a presqu'un an. Nous avons passé du temps cet après-midi en rattrapant de nos nouvelles et en faisant un peu de révision de l'un de mes cas, et en particulier, de l'une des décisions que j'ai prises au mois d'aoȗt. 

J'avais fait quelques erreurs - ici de grammaire, là de coulement ou de débit, et j'ai noté qu'elle avait marqué sur ma décision. Pour un petit moment ... je me suis dit, "Hé! Qu'est-ce qu'elle fait?" mais juste pour un instant. 

C'est une bonne idée en tout temps
de dire MERCI
Elle a commencé par m'expliquer que je n'avais pas besoin de dire ceci, et puisque je n'en avais pas besoin, cela changerait cette partie-là, etc. Je pouvais suivre le logique de ses instructions ... et elle faisait en même temps des petits commentaires comme - "Tu vois comme cela ne coule pas bien?" Elle a pris le temps de m'expliquer ce qu'elle voulait, et j'en étais si reconnaissante! Elle m'a traité comme si j'étais une personne - une bonne chose comme je la suis en réalité! ;)

Et là je sais ce que je devra faire demain matin lorsque j'irai au travail; je n'aurai pas besoin de deviner. 

C'est important de savoir les règles, et c'est un tel soulagement de pouvoir recommencer sans jugement. Je sais qu'elle ne ME critique pas, elle veut juste améliorer mon travail, ma grammaire, et ma facilité dans la langue française.

J'en suis très reconnaissante.  

mardi 11 septembre 2012

Monter à dada sur le dos

Hier j'ai reçu une requête urgente de prière d'un missionnaire.  Sa femme fut attaquée par deux chiens (et mordue) au Malawi en Afrique, où ils habitent.  Mais là on n'a ni de vaccin ni de traitement pour la rage, et on ne savait même pas si les chiens avaient cette maladie fatale ou non.  Le traitement pour la rage doit généralement commencer dans les 72 heures suivant une mordure - autrement le virus, une fois que les symptômes commencent, ne finit pas du tout bien. 

ICI le site où j'ai trouvé cette photo
Nous avons commencé à prier immédiatement - que Dieu fasse Sa volonté, et que cette volonté incluse la guérison de la missionnaire. J'ai demandé à mes amis/ amies francophones de prier pour la situation. Ce qu'ils / qu'elles ne savaient pas c'est que la dame mordue est elle-même francophone!!

Ce matin j'ai reçu une mise à jour très encourageante.  

Comme d'habitude pour Dieu, Lui a utilisé tous les éléments de la situation et a démontré Son pouvoir.  L'intention de l'ennemi a été renversée et Dieu ouvre même plus de portes imprévues. Par example, puisqu'on n'a aucun traitement disponible pour la rage au Malawi, les deux ont dû aller en Afrique du Sud pour le traitement, où Dieu ouvre tant de portes pour la ministère.  Ils voient la Main de Dieu dans tous les petits détails qui s'entrelacent.  

Et, à l'autre côté de l'océan, nous pouvons participer aux miracles que fait Dieu à cause de cette situation déclenchée par quelque chose de mal.  Mais Dieu la renverse, et Lui profite de cette occasion pour faire du bien.  C'est comme si d'autres miracles montent à dada (cheval chez les bébés) sur le dos de celui-ci.  

Mais c'est tout comme Lui, non?

mardi 28 août 2012

La vie paradoxale

C'est une vie paradoxale, être sur le fil de rasoir, de vivre en dépendance en Dieu.

Pensons-y.  

Il faut se rendre compte qu'on n'a aucun pouvoir pour pouvoir profiter du pouvoir de Dieu.  C'est un peu confusant, non?  

Il faut perdre sa vie pour en gagner La Sienne.  Il est nécessaire de donner sans s'attendre au repaiement avant que Dieu comble ses besoins - et c'est souvent (presqu'en tout temps) le cas que le repaiement n'est pas financier mais plutôt spirituel.  Il faut devenir enfant pour pouvoir être accepté par Lui - et Il veut que nous grandissions - mais aussi que nous restions comme étant les enfants.  

ICI le site web où j'ai trouvé cette photo
C'est paradoxale.  On se sentirait plus à l'aise si l'on se contentait de suivre - sans y réfléchir - les règles réligieux (fais ci, ne fais pas ça, sinon j'ai le droit de te juger et de te condamner même si je fais pareil ...) mais Lui nous dit, "Ne jugez point." 

Vivre comme Lui, c'est une vie d'acceuil et non de jugement.  Il faut laisser les autres choisir pour eux-mêmes, les laisser assumer la responsabilité pour leurs actions devant Dieu.  Il nous a dit seulement de les aimer, de prier pour eux.  C'est LUI qui a le droit de les juger ou les sauver - pas nous autres. 

Je pensais à ceci des derniers jours car beaucoup de monde (surtout ceux et celles de ma famille d'origine) me juge et me condamne ... et ça me tente de les juger aussi - de me venger.  Mais je n'ose pas de le faire.  

Vivre sur le fil du rasoir (en autres mots, vivre une vie chrétienne, en dépendance en l'Esprit de Dieu, au lieu de vivre une vie réligieuse ou d'un pharisien) n'est pas du tout eum, confortable.  Mais c'est mieux que de me contenter d'une existence banale, qui s'agit seulement des règles et des interdictions.  Et la vie paradoxale est une vie d'aventure, de passion, de vivre du coeur et non de la tête.  

J'accepterais cela.

samedi 25 août 2012

Élever ou étouffer?

Je pense souvent, alors que je guéris de mes blessures répétées qui sont survenues pendant mon enfance, à quelque chose que ma mère me disait quand elle voulait soulager son sentiment de culpabilité après que je me suis mariée.  

"Au moins je t'ai élevée de la bonne façon."

Eummmm... En tant que victime de son abus physique, émotionnel et réligieux, je ne suis pas certaine que ce qu'elle faisait s'agisse d'élever ... ou d'étouffer.  

Quand j'étais un enfant, jusqu'à l'âge de quinze ou seize ans, elle me battait régulièrement. (Je n'ai aucune mémoire avant l'âge de six ans, probablement que je les ai toutes bloquées...) Oh non, elle ne m'a pas seulement tappé les fesses deux, trois fois.  Elle m'a frappée de toute sa force, soit avec sa main, soit avec la ceinture de mon père, soit avec une grande cuillière de mélange - au moins une vingtaine de fois à la fois. Ou jusqu'à ce qu'elle se blesse la main à elle (et après, elle m'a montré SES bleus pour me faire honte - comme si c'était ma faute qu'elle me battait!)  Et elle ne m'a jamais frappée sans rage, ce qui a augmenté sa force deux fois de plus.  Je ne savais jamais quand sa colère allait s'exploser et que je serais encore en danger.

J'ai trouvé ICI cette photo
Entretemps, quand elle n'était pas "fâchée," je pouvais me débrouiller juste en essayant d'éviter qu'elle se fâche.  Mais la langue ne cessait jamais de me critiquer. Elle voulait en tout temps que moi je sois une copie exacte d'elle, de penser comme elle, de croire comme elle, de faire le ménage comme elle, afin de ne la pas embarrasser devant ses amis ou devant sa famille (ses frères, ses soeurs, sa mère).  Elle critiquais Papa et mon frère aussi en tout temps ... et moi (si aveugle que j'étais dans le temps) je faisais pareil contre eux, ne sachant pas qu'eux aussi étaient parmi ses victimes.  

En effet, je n'existais pas comme étant "une personne" pour elle; j'étais une extension de ses aspirations frustrées, et à son avis, la seule raison pour laquelle j'ai été placée sur Terre c'était pour la servir.  J'étais tout à fait son esclave.  Je n'avais pas le droit à mes propres opinions, à avoir du temps pour moi-même (ce serait égoiste, frivole, voire 'païen'!!) et si j'ai osé d'exprimer une opinion différente que la sienne, (que j'ai fait devant elle seulement UNE fois, à l'âge de 15 ans) elle m'a frappée les deux joues, l'une après l'autre. Et si je faisais quelque chose pour elle de ma propre volonté, elle n'en était guerre satisfaite - elle voyait seulement ce que j'ai oublié à faire et non le bien que j'ai essayé de faire.  

Oui, elle m'étouffait.  Je ne le voyais pas dans le temps; je pensais que mon expérience était commune à tout le monde qui était de mon âge. Et pendant que j'y pense, elle faisait pareil à mon frère, ... et quoiqu'elle ne pouvait pas frapper mon père, elle l'anéantissait au quotidien de la même façon.  Il avait peur d'elle - et c'est pour cette raison qu'il ne nous a jamais sauvé.

Même à ce jour, si j'en donne l'occasion à ma mère (en autres mots, si je la rends visite ou si je lui téléphone) elle me critique pour ne pas visiter ou téléphoner assez souvent pour elle, peu importe le coût de transport ou des frais interurbains.  (Désolée maman, mais j'ai une vie à moi. Je ne suis plus ta propriété.)  Et elle continue constamment à critiquer mon frère tout devant lui à propos de chaque petite chose qui ne lui plaît pas - mon frère qui lui-même a des affections sérieuses cardiaque et rénale et qui ne peut supporter point le stress.  Elle dit à tout le monde au téléphone combien il est un mauvais fils - tout devant lui, jour après jour - comme si ELLE est la victime. Elle le traite comme si lui aussi est son esclave au point où il est pret à s'exploser, pas bon pour la santé.  J'ai tellement peur qu'il fasse une autre crise cardiaque à cause d'elle et que cette fois-là, il ne survive pas!  

Alors, au mois de mars 2012, après presque huit ans d'avoir essayé de m'entendre avec elle et d'être une "bonne fille", après toute une vie d'avoir essayé de me patienter envers elle, je ne pouvais finalement plus supporter être témoin de sa cruauté envers mon frère, envers moi, envers mes enfants, et envers mon mari.  Et j'ai juste coupé tout contact avec elle afin de prendre mieux soins de moi-même et de ma famille.  La réaction de mon mari et mes enfants?  "Enfin! Merci Seigneur!" 

Elle ME blame; naturellement à son avis moi JE suis "une mauvaise fille." 

Je me suis rendue compte au cours des 5 dernières années qu'elle ne m'a jamais élevée.  Mais elle m'a tant étouffée que j'aie dû coupé les liens entre elle et moi juste pour ma santé mentale et celle de mes proches.  Ainsi j'ai finalement tourné la page.

De plus, bien que j'aie essayé de ne pas faire comme elle avec mes enfants, je sais que je les ai blessés au passé avec mon attitude perfectionniste et égoiste, avec mon idée que mes filles devaient être une copie exacte de moi dans leur manière de penser, de croire, et d'agir. Merci Seigneur que je leur ai demandé le pardon et elles m'ont pardonnée.  Wow. J'ai aussi fait pareil avec mon mari - parfois je me demande pourquoi il est resté avec moi.  Nous venons de fêter le 31e anniversaire de notre mariage, et de trois ans (au mois de mars passé) d'une nouvelle vie "un jour à la fois" de sobriété pour lui et de guérison interne pour moi.  J'ai pu pardonner ma mère pour tout ce qu'elle m'a fait durant mon enfance.  Le fait qu'elle est toujours toxique pour ses enfants me rend triste, mais si je restais en relation avec elle, je serais de plus en plus empoisonnée.  Alors je n'ai pas de racune, juste une grande tristesse qu'elle ne se rende jamais compte qu'elle aurait pu avoir une meilleure vie, une meilleure relation avec ses proches, si seulement elle aurait pu s'admettre que la source de son problème était elle-même, ... comme moi j'ai dû faire moi-même.  J'ai dû prendre la responsabilité pour mes actions, pour mes décisions - j'ai dû ne plus blamer les autres - y inclus ma mère - pour mes problèmes actuels. C'était un leçon difficile.

Le processus de guérison, de libération des chaînes du passé ... ça prend du temps, je peux vous dire, et c'est pas du tout facile.  Mais à propos du petit peu de liberté que j'ai gagnée, je peux seulement dire que ça vaut tellement la peine de passer à travers la voie dont parle la prière de la sérénité (Dieu, donne-moi la sérénité d'accepter les choses que je ne peux pas changer, le courage de changer les choses que je puisses, et la sagesse d'en savoir la différence.)  Je profite davantage de ma relation avec mon mari, avec mes enfants, avec mon frère, avec mes ami(e)s.  Je ne tiens plus le fardeau du monde entier sur mes épaules. Je laisse à Dieu la responsabilité qui est justement à Lui (je n'ose plus être le Saint-Esprit dans la vie de ma famille ou de mes ami(e)s).  

Et maintenant je vis en l'acceuil et en la gratitude.  Je sais tellement grée que je puisse être là pour mes enfants, pour les élever et non les étouffer.